L’île de Bornéo est divisée entre 3 pays. La Malaisie et le petit sultanat de Brunei occupent sa partie Nord. La partie indonésienne, nommée « Kalimantan », est la seule dont nous traitons ici. Elle occupe environ 80% de la surface de l’île.

Ces terres sont principalement couvertes d’épaisses jungles équatoriales et de zones humides où une multitude de bras de fleuves traversent rizières, forêts de palétuviers et marécages. Malheureusement les tristes plantations de palmiers gagnant irrémédiablement du terrain.

Le territoire est immense (à peu près la taille de la France métropolitaine) et peut sembler isolé. Il est en fait assez bien desservi par des vols depuis Bali, Jakarta, ou encore Singapour et Kuala Lumpur. En fonction de l’intérêt porté à cette destination et de votre itinéraire il faudra choisir entre les aéroports de Pangkalan Bun, Banjarmasin ou Pontianiak. Une escale sera toutefois souvent nécessaire.

 

UNE MULTITUDE D’ESPECES ENDEMIQUES

La prépondérance d’une nature encore très sauvage participe bien entendu à placer Bornéo sur la carte du tourisme mondial. L’île, qui renferme de nombreuses zones encore inexplorées (en tout cas par les occidentaux !), abrite des dizaines de milliers d’espèces animales et végétales. Et on peut facilement imaginer que de nombreuses sont encore à découvrir.

L’île est traversée par l’équateur. Les conditions climatiques du territoire, couplées à l’isolement des parties les plus centrales, ont donc contribué à peupler Bornéo d’espèces endémiques et parfois étonnantes. On y trouve plantes carnivores, lézards et singes « volants » ou encore amphibiens maîtrisant le camouflage.

Ces espèces seront toutefois difficilement observables pour le commun des voyageurs. Les botanistes et zoologues amateurs concentrent donc généralement leur étude de l’île de Bornéo sur le Parc National de Tanjung Puting, que l’on parcourt sur des petits bateaux traditionnels appelés « Klotok ».

Une manière singulière de croiser aisément les surprenants singes nasiques, endémiques de l’île, et bien entendu des orangs-outans, uniquement observables à Sumatra et Bornéo.

 

UNE NATURE ET DES POPULATIONS MENACEES

Les populations aborigènes, les Dayaks, ont adopté des modes de vie caractéristiques leur permettant de survivre dans un environnement plus qu’inhospitalier pour l’Homme.

Certains d’entre eux ont aujourd’hui accès à la modernité, notamment ceux installés sur les parties côtières où différentes vagues d’immigration les ont amenés à se mélanger avec des populations chinoises ou malaises. Beaucoup choisissent cependant de respecter des traditions séculaires, aussi bien en termes d’habillement que d’habitat, ou encore de moyen de transport. Ce sont ces populations que les ethnologues amateurs, dont vous faites peut-être partie, viennent rencontrer.

On peut bien entendu regretter que la déforestation rapide que connaît ce territoire mette en péril la grande richesse de sa diversité naturelle et culturelle, au profit d’une poignée de compagnies privées et d’une classe dirigeante peu scrupuleuses.

Espérons qu’une prise de conscience globale face rapidement surface afin que Bornéo reste le magnifique sanctuaire équatorial qu’il devrait continuer d’être.