Située à la pointe Ouest de l’archipel indonésien, dont elle est la plus grande île, Sumatra s’étend sur plus de 1600 kilomètres de part et d’autre de l’équateur sur un axe Nord-Ouest – Sud-Est. Son nom actuel aurait été déformé par Marco Polo au XIIIe siècle depuis « Samudra », le principal port de l’époque, nom signifiant « océan » en sanskrit.

Malgré sa taille, qui la classe 7e plus vaste île de la planète, Sumatra ne compte qu’une cinquantaine de millions d’habitants. Cela donne nécessairement la part belle à une nature sauvage et par endroit extrême.

 

UNE NATURE PREPONDERANTE

Ce sont évidemment ses immenses étendues de jungle tropicale qui placent avant tout Sumatra sur la carte mondiale du tourisme, celles-ci étant parmi les très rares au sein desquelles il est possible d’observer des orangs-outans dans leur environnement naturel.

Ces forêts, parfois protégées car inscrites dans des Parcs Nationaux tels celui de Gunung Leuser, abritent également de nombreuses autres espèces de singes (le plus commun étant l’amusant « semnopithèque de Thomas »), mais aussi d’étonnants oiseaux tels que les calaos, ou encore des félins (tigres et léopards), et des grands mammifères (ours, rhinocéros et éléphants).

Fait moins connu, ces forêts humides abritent des dizaines d’espèces de plantes médicinales, une multitude de plantes carnivores et différentes variétés de rafflésie, plus grande fleur au monde. Certaines pèsent jusqu’à 10 kilogrammes !

L’île est située comme la quasi-totalité de l’archipel indonésien sur une zone de subduction entre plaques tectoniques. La nature exubérante qui couvre Sumatra doit donc autant à la situation équatoriale de l’île qu’à ses sols volcaniques, et elle héberge en son sein plus d’une trentaine de volcans. Le plus connu de ces derniers est le mont Sinabung, qui crache régulièrement d’épaisses volutes de cendres.

Cette activité volcanique a connu son apogée il y a plus de 70 000 ans avec l’éruption du supervolcan Toba et la formation du plus grand lac volcanique de la planète, le lac Toba. Une des ethnies peuplant Sumatra, les Bataks, s’est installée autour de ce lac.

 

DES PEUPLES UNIQUES

Les Bataks, chrétiens, ne sont qu’une des minorités qui composent la mosaïque ethnique propre à Sumatra. La majorité de la population y est musulmane puisque l’île fut la première et principale porte d’entrée de l’Islam dans l’archipel indonésien. Un Islam très rigoriste y est même pratiqué à la pointe Nord-Ouest, dans la province de Aceh.

On ne pourra omettre de remarquer la présence de communautés aux coutumes rares, comme celle des Minagkabau, la plus grande société matrilinéaire du monde, qui vit principalement dans la région de Padang et sur les îles Riau. A noter qu’une société dite « primitive », les Mantawai (autrement appelés « hommes fleurs »), subsiste sur les îles du même nom.

Ces dernières, situées au large de la côte Ouest, forment avec l’île de Nias un archipel reconnu mondialement pour ses spots de surfs, peu fréquentés et réservés à des pratiquants aguerris. Nias possède par ailleurs une culture qui lui est propre, et on peut y observer des maisons traditionnelles et des rites ancestraux.

 

UN TERRITOIRE FRAGILE

Difficile enfin de présenter Sumatra sans évoquer deux réalités plus tristes : l’île est en proie aux vibrations de notre planète autant qu’à la déforestation.

Le tsunami de 2004 et le tremblement de terre de 2006 on fait plusieurs dizaines de milliers de morts, et des centaines de milliers de personnes se sont retrouvées sans toit. Les feux de forêt rongent sans discontinuer la jungle de Sumatra et les plantations de palmiers à huile s’étendent jour après jour. Ces dernières participent irrémédiablement à la réduction de l’habitat naturel de toutes les espèces susmentionnées, et évidemment de l’emblématique orang-outan.

Au fait, saviez-vous que orang-outan était tiré du malais « Orang Hutan », qui signifie tout simplement « Homme de la Forêt » ? Une preuve on ne peut plus claire du respect voué par les anciens à ce lointain cousin.