La « Papouasie » ici abordée est constituée de 2 provinces indonésiennes. La Papouasie-Occidentale, à l’Ouest, est principalement composée de la péninsule de Doberai, autrement appelée « tête d’oiseau ». La Papouasie est un territoire beaucoup plus vaste s’étalant vers l’Est jusqu’à la frontière avec la Papouasie-Nouvelle-Guinée, pays voisin.

Ces 2 provinces indonésiennes et la Papouasie-Nouvelle-Guinée se partagent l’immense île de Nouvelle-Guinée. Certainement un des territoires les plus sauvages et méconnus de notre planète.

 

DES TERRITOIRES ISOLES

Avec une superficie totale équivalente à 80% de la France métropolitaine pour une population ne dépassant pas 4,5 millions d’habitants, la partie indonésienne abrite encore des zones blanches, ces morceaux de planète Terre encore inexplorés.

A moins que vous n’arriviez par la mer depuis les Moluques, c’est l’avion qui sera privilégié pour vous rendre en Papouasie. C’est également ce moyen de transport qui vous permettra de rejoindre les territoires les plus isolés, puisqu’aucune route ne relie les villes principales. La compagnie aérienne utilisée vous sera certainement inconnue, mais aucune compagnie indonésienne n’est aujourd’hui sur liste noire.

Si c’est le cœur des terres papoues qui vous intéresse, comptez sur des heures, voire des jours de marche. En plus des trajets en avion… et parfois en pirogue !

 

UNE NATURE A L’ETAT BRUT

Contrairement au reste de l’Indonésie, ce territoire ne se situe pas géographiquement en Asie mais en Océanie. Cela implique des différences notables, notamment en termes de population, humaine comme animale.

La Papouasie c’est la nature à l’état brut. Une nature abritant aussi bien les plus hautes chaines de montagnes du pays (certains pics, comme le Puncak Jaya, étant recouverts de neiges éternelles), que des milliers de kilomètres carrés de forêts tropicales. Des vallées transpercées de rivières sauvages autant que des zones de marécages et de mangroves peu accueillantes. Sans oublier, à la pointe Ouest, les eaux turquoise et les paysages de formations karstiques typiques de l’archipel des Raja Ampat.

Cet espace naturel extraordinaire accueille bien entendu un grand nombre d’espèces animales remarquables. Pas de grands singes ici, mais une vie subaquatique d’une richesse inégalée (l’archipel des Raja Ampat se trouve au cœur même du célèbre triangle de corail). Pas d’éléphants mais des oiseaux aux habitudes étranges comme l’oiseau de paradis, des marsupiaux comme le couscous et le kangourou arboricole, ou encore les requins-baleines de la baie de Cenderawasih.

La Papouasie est un espace aussi riche qu’hostile. Pour y subsister il aura fallu aux Papous, la population autochtone, beaucoup d’ingéniosité et une connaissance pointue de leur environnement. Les Papous sont divisés en différents groupes ethniques aux coutumes et habitudes de vie différentes. Les Dani de la vallée de Baliem construisent des huttes arrondies et sombres tandis que les Korowai, par exemple, logent dans des cabanes perchées dans la canopée.

 

DES POPULATIONS MEPRISEES

La Papouasie est aussi le terrain d’une histoire violente. Les combats pour l’indépendance menés depuis les années 1950 par l’Organisation pour une Papouasie Libre sont durement réprimés par Jakarta.

L’Organisation pour une Papouasie Libre s’indigne notamment de la politique de transmigration interne. Cette politique a été mise en place par le pouvoir colonial puis suivie, officiellement jusqu’en 2015, par le gouvernement indonésien indépendant. Celle-ci contribue à un peuplement de la Papouasie par des familles originaires d’autres provinces surpeuplées du pays, principalement Java et Bali.

Certes ces populations ne sont pas en passe de supplanter en nombre les habitants d’origine papoue. Mais on peut regretter que ces populations déplacées, vivant en grande majorité dans les « grandes villes » de Papouasie, bénéficient globalement d’une meilleure éducation et d’un accès facilité aux postes administratifs. Beaucoup de papous vivent, eux, dans des régions isolées où l’Etat est loin d’assurer les services d’éducation ou de soin.

L’Etat indonésien contribue même à dénaturer les Papous. Souvent avec le concours de missions chrétiennes datant de l’occupation hollandaise et de grands groupes miniers. Leur modus operandi consiste à fatiguer les modes de vie séculaires des Papous à coup de marche forcée vers la modernité, si ce n’est à instrumentaliser la culture papoue à des fins touristiques et commerciales.

80% des Papous vivent sous le seuil de pauvreté. Certains s’inquiètent même de leur exploitation au sein des nombreuses mines que compte ce territoire riche en or, en cuivre, en cobalt ou encore en nickel. Ces dernières représentent une mirobolante manne financière pour les groupes exploitants, généralement étrangers. Le pouvoir central jakartanais n’est pas en reste, mais les retombées économiques au niveau local sont malheureusement très réduites, voire inexistantes.

Nous espérons, à travers l’organisation de séjour en Papouasie, contribuer à notre échelle au maintien d’us et coutumes ancestraux. Ces derniers mêlent croyances, connaissances environnementales séculaires, habitats traditionnels ou encore habits, danses et ornements diversifiés.