Avec environ 140 millions d’habitants l’île de Java regroupe sur son sol plus de la moitié de la population indonésienne. C’est aussi tout simplement l’île la plus peuplée de la planète, où se trouve notamment la capitale du pays. Jakarta  est un enchevêtrement irréel de rues et bâtiments aux états disparates dans lesquels vivent, dorment et travaillent 30 millions de personnes.

Bien entendu Java ne saurait se résumer à cette jungle urbaine qu’est Jakarta, et la concentration de l’immense majorité de la population dans quelques agglomérations permet à la nature de s’y exprimer dans toute sa splendeur.

 

RICHESSE NATURELLE ET CULTURELLE

Imaginez une terre parmi les plus fertiles au monde, s’étirant d’Ouest en Est sur plus de 1000km, accueillant des paysages de rizières et de forêts tropicales aux multiples teintes de vert où rodent encore quelques rares léopards. Une terre ponctuée dans sa longueur par une quarantaine de volcans structurant son épine dorsale, certains d’entre eux comptant parmi les plus actifs de l’archipel indonésien, dont les légendaires Bromo, Kawah Ijen, Krakatau, Merapi et Semeru.

Imaginez une terre à la culture unique, fruit de passes d’armes perpétuelles entre sultanats ennemis. Une terre aux croyances en constante évolution, influencées en grande partie par les échanges commerciaux avec les îles et pays voisins comme Sumatra ou l’actuelle Malaisie, mais aussi avec des contrées plus lointaines dont l’Inde et la péninsule arabique.

 

UN PASSE HINDO-BOUDDHISTE

Aujourd’hui en grande majorité musulmane, l’île de Java a en effet vu au cours du premier millénaire de notre ère se développer, sous l’influence de brahmanes indiens, une culture hindo-bouddhiste qui fait de nos jours la particularité de l’île voisine de Bali. Des marchands venus de la péninsule arabique ont introduit l’islam au cours du millénaire suivant et de faibles poches hindoues persistent aujourd’hui dans les environs des volcans Lawu et Bromo. Bali est devenue depuis l’épicentre du culte hindou en archipel indonésien.

Cette évolution des croyances a amené l’île de Java et ses habitants à pratiquer une forme d’islam particulière qui laisse la part belle aux mystiques hindo-bouddhistes. A Yogyakarta par exemple on se rend à la mosquée autant qu’on raconte les légendes de Kanjeng Ratu Kidul, « la reine du Sud ». Dans cette même ville l’orientation du Palais du Sultan suit des préceptes mystiques plus proches du bouddhisme que de l’Islam.

Le passé hindo-bouddhiste de l’île a par ailleurs laissé des traces archéologiques. Java abrite en son sein des sites mondialement connus dont certains sont inscrits à la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, comme le temple de Borobudur et ceux de Prambanan.

Ces sites attirent certes beaucoup de voyageurs occidentaux, mais aussi un nombre croissant de visiteurs javanais appartenant à une classe moyenne de plus en plus fournie, car bénéficiant d’une économie à la croissance rapide, typique des pays en voie de développement. Cette classe moyenne est à juste titre de plus en plus curieuse des croyances de ses ancêtres, et fière de son île.